Biographie

Né à Rouba en Afrique du Nord (Algérie) en 1937 d'un père espagnol plombier et d'une mère juive couturière, Ramon est, à quinze ans, ouvrier dans une usine de métallurgie. L'année suivante il quitte sa famille pour vivre dans une cave insalubre, pratique la danse et fréquente l'Opéra.

A l'occasion de son service militaire Ramon découvre la France en 1957. Il s'y établit en 1957, travaille en usine, loge en chambre d'hôtel. En 1962 Ramon découvre par hasard la peinture au Louvre où il est fasciné par une toile en particulier. "J'étais mal dans ma peau. En visitant le musée du Louvre, je suis tombé en arrêt devant - L'Enfant à la pastèque - de Murillo. Je découvrais là le reflet d'une image de ma propre vie. Un choc ! Le lendemain je me suis mis à peindre sans rien savoir". Il achète aussitôt des couleurs, des pinceaux et se met à peindre.

En 1963, il installe son atelier à Bagneux, commence à peindre en 1965 et décide en 1970 de se consacrer entièremment à la peinture. Après des années d'enfermement, de quête de soi, de culture volée et de travail solitaire, l'artiste, à la mort de sa mère en 1987, redécouvre son enfance. En 1990, par besoin de faire table rase avec le passé, il détruit la plupart de ses oeuvres antérieures et commence à réécrire en peinture l'histoire de sa famille et celle de ses racines qu'ils refusait jusqu'à lors. Rares sont les oeuvres qui survécurent aux flammes, il lui fallait réorienter son énergie artistique.

Humour juif, brillance de l'Orient, fierté et tragédie ibérique tissent inexorablement la trame de son écriture. L'inquiétude, la difficulté d'être, nous les retrouvons dans la forme des corps à l'anatomie variable et incertaine. Les figures ramoniennes sont polymorphes mais cette caractéristique n'est pas aléatoire. Ils occupent très différemment l'espace pictural sans pour autant lui laisser trop de liberté. "Privé de parole, ils leur restent la forme et la couleur. Et alors ils deviennent très bavards" souligne le critique d'art Philippe DAVIAUD. "Ramon ne connaît ni le compromis ni la compromission".

De nombreuses expositions, comme peut en témoigner l'abondante revue de presse dont il fait l'objet (Figaro, Elle, VSD entre autre) lui furent consacrées : Salon de Montrouge, Salon de Bagneux et Salon d'art contemporain de Bagneux, Salon Sud et Biennale de peinture d'Issy-les-Moulineaux, Salon des réalités nouvelles, Salon d'Arcueil. Exposé par François CALLU MERITE aux côtés de BERTHOLLE, BISSIERE, BRYEN et Maria MANTON, il est considéré comme "la découverte" du Salon de Mars 1991.

Il continue ensuite d'exposer régulièrement à la galerie CALLU MERITE et participe aux grandes expositions et foires internationales, notamment à Paris (Saga, Art Paris, 1999), Cannes (1994), Strasbourg (1997) mais aussi en Allemagne (Francfort, 1991), Belgique (Gand, 1992 et 1994), États-Unis (New York et Chicago). En 1991 sont réalisées 11 000 cartes téléphoniques "Rodier" reproduisant l'une de ses oeuvres.

Source utilisée pour la rédaction de cet article :

  • Ramon, préface de Chantal Hurteau-Mignon Le barbare au trait fin, Galerie Callu Mérite, Paris, 1990.
  • Françoise Sieffert, Turbulences infernales aux couleurs de paradis, dans Artension, n° 15, mai-juin 1990.
  • Jean-Louis Pinte, Ramon, la découverte, dans Figaroscope, 20-26 mars 1991.
  • Marc Hérissé, Ramon, dans la Gazette de Drouot, 20 décembre 1996, p. 34.
  • Marc Hérissé, Ramon, dans La Gazette de Drouot, 2 janvier 1998, p. 27.
  • Ramon, dans La Gazette de Drouot, 18 décembre 1998.